- ENTREE de SECOURS -



lundi 25 juillet 2016

Mais à quoi servent ces éoliennes qui défigurent la France ?

Par Jean-Pierre Riou.
KPMG et l’Institut Choiseul avaient publié, fin 2012, le classement des meilleurs parcs de production d’électricité. La France y était numéro 1 mondial pour la qualité de son électricité, sa disponibilité et son accès.
Avec un solde exportateur net de 48 TWh, elle figure au 2° rang mondial des pays exportateurs d’électricité dans le classement de l’agence internationale de l’énergie (AIE) (statistiques 2015  data 2013), ce solde étant passé à 61.7 TWh en 2015.
La production électrique est de 550 TWh chaque année, (à part l’exception de 518 TWh en 2008). Les 3/4 sont fournis par nos 58 réacteurs nucléaires, d’une puissance totale de 63.3GW jusqu’à 2008, puis 63.1 GW jusqu’à aujourd’hui, auxquels s’ajoutent un peu plus de 10% d’électricité d’origine hydraulique. Permettant ainsi au système électrique français de figurer parmi les moins émetteurs de CO2 au monde (23.1 millions de tonnes en 2015 contre plus de 350 en Allemagne).
La très faible part d’énergie thermique, de laquelle le charbon a pratiquement disparu (3 GW en 2015) reste nécessaire pour ajuster rapidement la production aux besoins de la consommation, ce que, bien entendu, des énergies renouvelables aléatoires sont incapable d’assurer.
Des risques identifiés avec le renouvelable et les éoliennes
En toute logique, France Stratégie vient de rappeler que le développement des énergies renouvelables était donc « sans incidence sur le volume total des émissions » mais renouvelle son alerte sur les conséquences prévisibles de leur surcoût sur la compétitivité nationale, en réduisant la valeur de nos exportations, rappelant que ce surcoût de l’énergie (3.1 milliards d’euros en 2015) s’élèverait à 8 milliards en 2025 !
Bien loin d’être en mesure de tenir leurs promesses de maîtrise des coûts, de sécurité d’approvisionnement, de respect de l’environnement ou de réduction quelconque des risques liés à la production d’énergie, les énergies dites renouvelables mais dont la production est aléatoire (éolien/photovoltaïque) risquent de signer, bien au contraire, l’arrêt de mort d’un outil industriel que le monde nous enviait.
Ce développement de capacités de production intermittentes supplémentaires à une situation déjà surcapacitaire menace également notre sécurité d’approvisionnement tout en renforçant paradoxalement notre dépendance aux énergies fossiles.
Les centrales intermittentes ne remplacent aucune autre centrale
En effet, la part de couverture de la consommation garantie par ces moyens intermittents est nulle, ou quasiment nulle. (Entre 0% et 0.7% selon les données mensuelles RTE). Si la production photovoltaïque reprend chaque matin, la production éolienne est susceptible d’être affectée plus longuement par une période anticyclonique sans vent.
Même une puissance installée supérieure à celle de notre parc nucléaire, telle que celle de l’Allemagne, est susceptible de tomber à un seul petit GW, comme le 8 avril dernier.
Production d'électricité en Allemagne
L’impossibilité de stocker l’énergie à grande échelle pour un coût acceptable par la collectivité interdit ainsi la fermeture de moyens de production « pilotables » en contre partie du développement de moyens intermittents, quelle qu’en soit la puissance.
Ce qui explique que cette formidable puissance intermittente allemande n’aura pas permis la fermeture du moindre moyen « pilotable » depuis 2002,  la suppression de 10 GW nucléaires en 2011 ayant été intégralement compensée par l’augmentation des seules centrales « biomasse » et « gaz ».
Capacité de production électrique en Allemagne
La suppression d’une seule de ces centrales poserait d’ailleurs un tel problème que l’électricien E.on a dû menacer d’un recours devant les tribunaux dans l’espoir d’obtenir le droit de fermer sa centrale à gaz d’Irshing, et que 1760 MW de nouvelles centrales au lignite, 4555 MW au charbon et 12960 MW au gaz, sont prévus en Allemagne, selon le site officiel BDEW  Auswertung der BDEW-Kraftwerksliste.
L’origine de la crise du système électrique européen
Les « surplus intermittents », au dessus du trait rouge dans le graphique précédent, se déversent prioritairement et à prix cassé sur le réseau. Ils sont la raison de la crise européenne actuelle qui a ruiné les électriciens allemands E.on ou RWE aussi efficacement qu’elle l’a fait pour EDF.
Georges Besse 2
Il convient de savoir que depuis 2013, la nouvelle unité d’enrichissement d’uranium « Georges Besse 2 » a entièrement libéré les réacteurs nucléaires du Tricastin qui étaient jusqu’alors entièrement dédiés à l’ancienne « Georges Besse 1 », 50 fois plus gourmande en électricité, avec 3 GW au lieu de 60 MW pour Georges Besse 2.
Et de remarquer que ces 3 réacteurs de 900MW, désormais disponibles pour la consommation, correspondent strictement aux 3 GW de centrales à charbon qui ont été fermées depuis 2013. Sachant que la puissance totale des centrales thermiques oscillait jusqu’alors autour de 25 GW (+ ou – 2.5 MW) pour une production totale équivalente, tous moyens confondus, depuis plus de 10 ans (550 TWh).
Ajoutons que dans les 18.2 GW « thermique renouvelable, solaire, éoliennes » supplémentaires dans le tableau ci dessous, la partie thermique (1.7GW) est pilotable.
Puissance électrique maximale installée
Un avenir inquiétant
La Cour des Comptes considérait que la réduction à 50% de la consommation d’origine nucléaire que prévoit la loi sur la transition énergétique correspondait à 17 à 20 suppressions de réacteurs. L’incapacité d’un moyen de production intermittent de permettre la fermeture d’un moyen pilotable ne laisse malheureusement pas anticiper l’avenir en ces termes.
Et s’il est facile de hurler avec les loups en demandant la fermeture immédiate de centrales nucléaires, il semble moins réaliste d’espérer en abaisser significativement le nombre à moyen terme sans rupture d’approvisionnement.
C’est en ce sens qu’il semble falloir interpréter la loi sur la transition énergétique, ainsi que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui ont eu la prudence de ne pas avoir programmé de fermetures de réacteurs dont il semble malheureusement évident qu’on ne peut pas se passer, du moins tant que le problème du stockage de l’électricité ne sera pas résolu.
 Le nucléaire représente déjà moins de 50% du parc électrique.
Avec 63.1 GW pour un parc total de 129.3 GW, le nucléaire représente, en effet, moins de la moitié de la puissance installée. Ce n’est en fait que son efficacité qui est la cible des promesses sur le sujet, avec l’objectif d’en réduire la production à moins de 50% de la consommation, au lieu de 75% actuellement, ce taux d’efficacité des éoliennes étant de moins de 25%, celui du photovoltaïque ne dépassant pas 15%.
La puissance nucléaire installée restera simplement plafonnée aux 63.1 GW actuels.
De fait, de plus en plus de réacteurs nucléaires sont désormais capables de varier leur puissance de 80% en moins de 30’ et pourront ainsi s’accommoder de leurs doublons renouvelables par la réduction de leur production grâce à des régimes partiels et à coups de fonctionnement au gré des caprices de la météo, à la place du régime optimum pour lequel ils ont été conçus.
Ce qui pose la question de l’intérêt d’un tel objectif d’inefficacité, dont la dramatique conséquence sera de compromettre la rentabilité de l’exploitation de ces réacteurs par EDF.
Faut-il y voir la cause du plus faible taux de production nucléaire depuis 3 ans ce mois ci ?
La priorité n’aurait elle pas été plutôt de favoriser leur rentabilité par un régime de fonctionnement optimum afin de permettre à EDF d’en tirer les moyens de leur sécurité et de leur renouvellement plutôt que de le pénaliser à nouveau ?
L’intermittence d’approvisionnement.
Parallèlement, le réseau européen ENTSO-E identifie désormais le risque lié aux situations combinant des basses températures avec une faible production éolienne.
risque lié aux situations combinant des basses températures avec une faible production éolienne
Les besoins de la France ayant même couru le risque de ne pouvoir être importés en cas de température simplement inférieure à moins 2°.
Il est troublant de lire la confirmation de ce risque accompagnant le développement des énergies renouvelables dans les prévisions de l’ENTSO-E (SCENARIO OUTLOOK AND ADEQUACY FORECAST 2014-2030), qui considère que désormais les marges de sécurité vont décroître en Europe, la sécurité devenant menacée à partir de 2016 (« Margin will significantly decrease from now on to 2025, and security of supply could be threatened as soon as 2016 »), ou, plus loin,« with a considerably decreasing margin level in the 2020s », prévoyant dans le même temps que si le recours au charbon et lignite était appelé à décroître, celui au gaz, par contre, irait en s’accroissant. (gas-fired units are expected to increase their capacity in absolute values).
Des palliatifs inefficaces et ruineux 
Pour masquer le plus longtemps possible les effets de cette politique suicidaire, un système ubuesque et ruineux est actuellement mis en place. L’effacement diffus ne représentant pas grand-chose d’autre que la suppression d’une sorte de fusibles de sécurité, les 700 milliards d’euros en 10 ans prévus pour la restructuration du réseau européen n’étant appelés qu’à mutualiser les problèmes de l’intermittence et non à les résoudre, tandis que les rares capacités de stockage françaises par les STEP (5 GW) restent au service du lissage de l’intermittence de production au lieu de remplacer d’avantage de moyens thermiques par une gestion plus efficace des pics de consommation.
Des technologies telles que « Power to gaz » sont bien envisagées, malgré un certain nombre de risques déjà identifiés, mais sans maturité espérée avant 2030.
Cette fuite en avant chimérique des énergies aléatoires promet un fiasco retentissant, à la hauteur des centaines de milliards d’euros d’argent public engloutis, avant même qu’on ait su les utiliser en rendant durable ce qui est intermittent.
Des efforts dans une direction bien peu porteuse d’avenir.
Lev Artsimovich, inventeur du Tokamak, prophétisait il y a un demi siècle que la « fusion sera prête quand la société en aura besoin. »
Tout se passe comme si l’injection d’une part croissante d’intermittence cherchait à retarder ce progrès en supprimant toute visibilité aux investisseurs pour prolonger la dépendance aux énergies fossiles.
Quantité d’entreprises comme Lockeed MartinSandia Helion ou quantité d’autres, montrent heureusement que le progrès dans cette voie ne s’arrête pas pour autant.
Lors de l’inauguration de la grand-messe des énergies décarbonées que représentait la COP 21 à Paris, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a raillé les promesses de cette fusion nucléaire, objet selon lui de « beaucoup de battage et peu de progrès ».
Assurément, il oubliait de balayer devant sa propre porte.
Mais savait-il seulement qu’au même moment, l’institut Max Planck s’apprêtait à réussir la fusion expérimentale de son premier plasma à un million de degré, pendant 1/10° de seconde. Moins de 2 mois plus tard son Stellarator pulvérisait son premier record avec 80 millions de degrés et était déjà distancé, au même instant, par la Chine qui maintenait un plasma 102 secondes à 50 millions de degrés.
En attendant l’éventuel avènement de ce Saint Graal de l’énergie, pour lequel la France figure d’ailleurs à une place de choix, avec le projet mondial expérimental ITER, les progrès de la recherche et la hauteur des investissements, même privés, laissent supposer que les énergies de demain ne sont pas condamnées à être intermittentes.
Dans la compétition économique mondiale, qui est une guerre sans merci, il n’est pas raisonnable de payer plusieurs fois pour le même service : une fois pour produire, une fois pour stocker, une fois pour entretenir des centrales prêtes à démarrer au moindre problème et une fois encore pour subventionner un effacement de consommation ou des interconnexions supplémentaires.
Surtout lorsqu’on dispose d’un parc de production permettant d’attendre demain.
Cet argent est nécessaire dans tant d’autres domaines.
http://www.contrepoints.org/2016/07/25/250811-a-quoi-servent-eoliennes-defigurent-la-france

dimanche 24 juillet 2016

Attentat de Nice: les autorités auraient ordonné de mentir sur les failles du dispositif de sécurité

24 juil. 2016, 11:11


La responsable de la vidéosurveillance le soir du 14 juillet affirme avoir été «harcelée» durant une heure par la place Beauvau exigeant d'elle qu'elle inclue dans son rapport une présence de la police nationale qu'elle n'avait pas vue.

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Nice : la mairie refuse de supprimer les images de vidéosurveillance
Dans une intervew accordée au Journal du Dimanche, Sandra Bertin, chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice et secrétaire générale du Syndicat autonome de la Fonction publique territoriale (SAFPT) Métropole-Ville de Nice, affirme que le ministère de l'Intérieur lui a ordonné, au lendemain de l'attaque du camion fou de Nice, de taper dans son rapport des positions spécifiques de la police nationale qu'elle «n'a pas vue à l'écran». 

La responsable du CSU est formelle : «Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la place Beauvau. J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité.»

Sauf qu'à l'écran, le soir de l'attaque, Sandra Bertin n'a pas vu la fameuse présence de la police nationale évoquée par le ministère de l'Intérieur. Elle affirme que la place Beauvau a exigé d'elle qu'elle envoie par email une version modifiable du rapport, pour «ne pas tout retaper», ordonnant également d'inclure des positions spécifiques de la police nationale «qu'[elle n'a] pas vu à l’écran».

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La promenade des Anglais à Nice Dispositif policier à Nice le 14 juillet : Cazeneuve ordonne une enquête administrative
Lire aussi : Nice : la justice demande à la mairie d’effacer toutes les images de vidéosurveillance de l'attentat

Sandra Bertin a finalement envoyé par email «une version PDF non modifiable et une autre modifiable». 

Elle déplore aussi que les policiers municipaux n'aient pas été armés le soir du 14 juillet : «S’ils avaient été armés comme nos collègues de la police nationale, une de nos revendications, ils auraient pu le stopper [le camion].»

Ces révélations obtenues par le JDD relancent ainsi la polémique quant aux mesures de sécurité qui n'auraient pas été respectées par les forces de l'ordre le soir du drame.

Dans la soirée du 14 juillet, jour de la fête nationale, un camion fou de 19 tonnes a foncé sur la foule venue assister au traditionnel feu d'artifice sur la promenade des Anglais, provoquant un véritable carnage lors duquel 84 personnes ont perdu la vie. 

Bernard Cazeneuve porte plainte pour «diffamation»

Après le témoignage de Sandra Bertin, assurant qu'elle avait reçu des pressions, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a déposé une plainte pour diffamation, a fait savoir la place Beauvau, qui évoque de «graves accusations».

Lire aussi : Sous-effectifs, barrages partiels... Les failles du disposit

https://francais.rt.com/france/24337-nice-revelations-pressions-autorites-pour-cacher-failles-securite

samedi 23 juillet 2016

Sciences et techniques : le règne de la suspicion

par Patrick Coquart
lundi 18 juillet 2016.

Texte d’opinion publié en exclusivité sur le site de l’Institut économique Molinari.


L’Académie des technologies vient de publier un rapport intitulé « La perception des risques. Un enjeu pour les sciences et les technologies ». Les auteurs – Gérald Bronner et Étienne Klein – y mettent à jour l’inquiétude, la méfiance, voire la défiance envers toute nouveauté. Une peur, souvent injustifiée, qui entrave le progrès technique.

Il fût un temps, pas si lointain, où l’on considérait que les sciences et techniques amélioraient la vie quotidienne de tout un chacun. Elles rimaient alors avec progrès. Aujourd’hui, le terme semble oublié ; on lui préfère celui d’innovation.

Mais si les innovations sont porteuses d’avancées, elles sont, dans le même temps, immédiatement critiquées car grosses de risques potentiels : environnementaux, sanitaires, éthiques, etc.

On pourrait rétorquer que tout cela n’est pas bien neuf. De tous temps, les découvertes ont, à la fois, effrayé et enthousiasmé. Cependant, notre époque présente quelques particularités qu’il convient de bien appréhender pour comprendre la suspicion à l’égard de la science et de la technologie. En voici quelques-unes.

Premièrement, le progrès aujourd’hui, écrivent les auteurs du rapport, « devient une affaire de valeurs qui s’affrontent et non plus de principes, que ceux-ci soient éthiques ou normatifs. Or, les valeurs sont en général moins universelles que les principes (la valeur d’une valeur n’est pas un absolu puisqu’elle dépend de ses évaluateurs), de sorte que plus les principes reculent, plus les valeurs tendent à s’exhiber et à se combattre ».

Deuxièmement, la parole des scientifiques est mise en doute. Ils sont soupçonnés de cacher la vérité sur la catastrophe annoncée. De toute façon, ils sont à la solde d’intérêts industriels ou économiques. Ils ne sont pas impartiaux. Et des militants associatifs, la plupart du temps ignorants du sujet dont il est question, sont (auto-) déclarés « experts indépendants ». On est même venu à « inventer la notion oxymorique ‘d’expertise ignorante’… ».

Ce phénomène est renforcé quand nos concitoyens pensent connaître le sujet dont il est question. « Ainsi 25 % [d’entre eux] seulement affirment ne pas faire confiance aux experts des sciences du cerveau, mais ils sont 71 % à confesser ne pas y comprendre grand-chose. En revanche, 58 % déclarent ne pas faire confiance aux scientifiques pour dire la vérité dans le domaine des OGM ou du nucléaire, mais ils ont le sentiment de bien connaître la question (63 % pour les OGM, 67 % pour le nucléaire) ». Donc, plus ils s’estiment informés et compétents, plus les Français doutent de la parole des scientifiques !

Troisièmement, les craintes focalisent l’attention, car elles sont mises en avant. Bronner et Klein parlent même « d’embouteillage des craintes ». Les médias, en effet, diffusent des alertes sur tel ou tel danger. Mais, si les arguments du soupçon sont aisés à produire et à diffuser, ce n’est pas le cas des démentis sérieux. Le rythme de la science n’est pas celui de l’information. Et les médias, qui aiment plutôt vendre de la peur, ne relaient que mollement les démentis qui pourraient apaiser les craintes.

Quatrièmement, internet amplifie le phénomène avec « la propagation d’une forme de démagogisme cognitif qui voit peu à peu s’imposer les points de vue intuitifs et parfois erronés sur toutes sortes de sujets ». Il est vrai que ce sont ceux qui sont le plus motivés sur un sujet qui s’engagent le plus et donnent de leur temps pour occuper « l’espace de parole ». Du coup, ils arrivent à instaurer « une sorte d’illusion de majorité qui peut affecter le jugement de nos concitoyens les plus indécis ou bien qui n’ont pas le temps de défaire les arguments qui sont, par ailleurs, en apparence convaincants ». Cécile Philippe l’a récemment montré avec le cas du glyphosate.

Cinquièmement, le principe de précaution vire au « principe de suspicion ». Il faut dire que le principe de précaution, tel qu’il est compris, consiste « à revendiquer le droit de vivre tranquillement, autrement dit de ne pas être exposé à une inquiétude, et de réduire non pas le danger mais l’inquiétude, le souci, l’angoisse ». Par conséquent, tous ceux qui entreprennent quelque chose doivent prouver, par avance, que leur activité est sans risque. Ce n’est pas seulement la catastrophe qu’il faut éviter à tout prix, « mais également l’ombre de toute catastrophe possible ». Ce qui est évidemment illusoire.

Les technologies se diffusent dans tous les interstices de la vie quotidienne, nous rendant des services dont on aurait du mal à se passer dès l’instant où on les a essayés. Et, dans le même temps, on voit naître une résistance de plus en plus forte à ces mêmes technologies. Cette opposition se retrouve parfois chez une même personne. Tout le monde connaît quelqu’un qui utilise un Smartphone tout en s’opposant à l’installation d’une antenne relais près de chez lui.

L’obscurantisme serait donc de retour. Pour en sortir, il est nécessaire que les scientifiques, et les intellectuels en général, communiquent davantage, fassent preuve de pédagogie, suscitent des débats contradictoires. Il faut aussi que les consommateurs, les citoyens aient le soin de s’informer vraiment, sans aller au plus visible ou au plus sensationnel. Enfin, il est indispensable que les politiques fassent preuve de discernement en ne légiférant pas à tout va au moindre doute ou à la moindre crainte. C’est peut-être sur ce point que les choses auront le plus de mal à évoluer dans le bon sens.

Patrick Coquart est chercheur associé à l’Institut économique Molinari.

http://www.institutmolinari.org/sciences-et-techniques-le-regne-de,2613.html

vendredi 22 juillet 2016

Wikileaks : Fuite de plus de 20 000 e-mails du DNC concernant Hillary Clinton

22 juil. 2016, 17:18


Dans un communiqué publié vendredi 22 juillet annonçant leur nouveau «Hillary Leaks», Wikileaks a déclaré avoir révélé plus de 20 000 e-mails ainsi que 8000 pièces et documents du Comité National Démocrate (DNC) concernant la candidate.

Les courriels publiés vendredi couvrent une période allant de janvier 2015 à mai 2016. Ils sont issus des comptes de sept figures clé du Comité National Démocrate : le conseiller Andrew Wright, le directeur national des finances Jordon Kaplan, le chef financier du cabinet Scott Comer, le responsable de la communication Luis Miranda, le directeur des finances pour la Californie du nord Robert Stowe, mais aussi Daniel Parrish, directeur financier des données et des initiatives stratégiques, et Allen Zachary, autre directeur financier. 

La plupart des e-mails concernent Bernie Sanders et évoquent les nombreux opposants d'Hillary Clinton qui au sein du parti démocrate avaient qualifié le système de «truqué».

Un grand nombre d'e-mails échangés entre les hauts fonctionnaires du DNC sont simplement des articles de presse concernant la façon dont les démocrates peuvent régler le problème avec l'aile gauche des insurgés.

Le scandale des e-mails pourrait être un véritable fardeau pour Hillary Clinton et ses équipes de campagne, qui n'en sont pas à leurs premiers déboires avec les révélations compromettantes. 

Le site Wikileaks avait en effet déjà mis en ligne en mars dernier près de 30 322 courriels et des pièces jointes envoyées vers et depuis le serveur de messagerie privée utilisé par Hillary Clinton. Les 50 547 pages de documents concernent la période du 30 juin 2010 au 12 août 2014. 

En outre, avec le scandale de l'utilisation par la candidate d'une messagerie électronique privée dans le cadre de ses fonctions lorsqu'elle était Secrétaire d'Etat, le Département d'Etat avait demandé à rendre publique ces e-mails avant de bloquer le processus. Nombre de ces messages contenaient en effet des informations dites «classifiées». L'utilisation de cette messagerie par Hillary Clinton, qui n'est pas en soi «illégale», avait néanmoins poussé le FBI à lancer une enquête.

https://francais.rt.com/international/24222-wikileaks--fuite-plus-20

jeudi 21 juillet 2016

Daesh menace d’intensifier ses attaques en France : Marseille dans le viseur

21 juil. 2016, 11:20

L’organisation terroriste Daesh a diffusé sur les réseaux sociaux plusieurs vidéos dans lesquelles ses combattants revendiquent l’attaque de Nice et menacent de repasser à l'acte dans d'autres villes françaises.

Au moins deux vidéos signées de l'Etat islamique sont apparues sur les réseaux sociaux dans la nuit du 20 au 21 juillet. Dans la première, on voit des photos du tueur de Nice, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, et la décapitation de deux espions présumés. A la fin, deux djihadistes, qui déclarent avoir des racines françaises, revendiquent l’attaque de Nice et menacent de frapper à nouveau la France. «Que périsse le peuple de Charlie», clame l'un des deux djihadistes.

Sans surprise, les clichés diffusés dans la presse de l'auteur de l'attentat de Nice se retrouvent dans cette vidéo. pic.twitter.com/40pccks9ft

La seconde vidéo est adressée directement au président de la République française, François Hollande. «Les représailles vont se répéter contre vos citoyens dans les rues de Paris, Marseille et Nice», ont-ils prévenu.

https://francais.rt.com/france/24145-daesh-menace-intensifier-ses-attaques-en-france

mercredi 20 juillet 2016

Gouvernement indien: La cause réelle du réchauffement climatique est armes secrètes américaines

Le gouvernement indien a accusé les États-Unis d'utiliser un système d'arme secrète qui est susceptible d'avoir causé le réchauffement climatique.

Selon le ministre de l'environnement Anil Madhav Dave, le gouvernement des Etats-Unis sont en mesure de se concentrer faisceaux électromagnétiques via une arme appelée Programme actif de recherche Auroral (HAARP) haute fréquence à travers la Terre qui réduisent les rendements des principales cultures comme le blé et le maïs en Inde.

"HAARP frappe la haute atmosphère avec un faisceau électromagnétique focalisé et orientable," a déclaré le ministre dans un communiqué.

Rapports Indiatimes.com:

"HAARP est un modèle avancé d'un appareil de chauffage ionosphérique super puissant qui peut provoquer le globe pour se réchauffer et ont un effet de réchauffement global», a t-il dit.

Dave répondait à une question de savoir si le gouvernement est conscient que HAARP est capable d'effectuer des effets dévastateurs sur le climat de la planète, y compris celui de l'Inde et conduisant à une déstabilisation des systèmes agricoles et écologiques.

Il a dit une étude menée par le Conseil indien de la recherche agricole a projeté l'impact du changement climatique soit défavorable en termes de réduction du rendement des principales cultures, notamment le blé, le maïs, la moutarde, pommes de terre et le sorgho.

Reconnaissant l'impact négatif du changement climatique, le ministre a dit que le gouvernement a lancé le Plan d'action national sur le changement climatique (PNACC) en Juin 2008 pour traiter des questions liées aux changements climatiques.

NAPCC comprend huit missions dans les domaines de l'énergie solaire, l'efficacité énergétique accrue, l'habitat, l'eau, la préservation des écosystèmes de l'Himalaya, la foresterie, l'agriculture et la connaissance stratégique du changement climatique.

Il aborde également les questions relatives à l'atténuation des gaz à effet de serre et l'adaptation aux effets néfastes des changements climatiques sur l'environnement, la forêt, l'habitat, les ressources en eau et l'agriculture.

Dave a dit 32 États et territoires de l'Union ont également préparé un plan d'action national sur les changements climatiques (SAPCC).

Sources: Yournewswire; Indiatimes

http://humansarefree.com/2016/07/indian-government-secret-us-weapons.html

Les RoboBees créent un buzz sur le marché

China Daily, le 20 Juillet, 2016


Il est peut-être le plus petit drone du monde. Pesant environ un dixième de gramme, la petite machine volante, baptisée robobee, est de deux centimètres de hauteur. À première vue, il ressemble à un moustique, et une loupe est nécessaire d'observer tous les détails.

Mais le robot pièce de taille est prêt à voler ainsi que les abeilles de la vie réelle. Il peut battre ses deux petites ailes transparentes à 120 fois par seconde, la perche sur la face inférieure d'une feuille et même «nager» sous l'eau, lorsqu'il est connecté à une source d'alimentation à proximité.

Robobee est le fruit d'un laboratoire de microrobotique à l'Université Harvard. Bien que toujours en développement, Chen Yufeng, un membre de l'équipe de recherche, a déclaré qu'il offre d'énormes perspectives.

«À l'avenir, il peut remplacer les abeilles sauvages pour polliniser les cultures et être utilisés dans les opérations de sauvetage où les grands équipements et les êtres humains sont trop grands pour entrer", a déclaré Chen.

L'équipe a commencé à travailler sur le projet en 2008, lorsque les États-Unis ont vu une baisse énorme et rapide du nombre d'abeilles sauvages. Ils ont obtenu 10 millions $ de la National Science Foundation des États-Unis pour financer la recherche et le but de réaliser des percées dans le vol autonome, puces miniaturisées et d'autres technologies de pointe.

Après essai et erreur, ils ont réussi à utiliser la technologie de traitement micro électromécanique pour produire très petits composants qui mesurent seulement 10 microns.

Chen, qui a rejoint le projet en 2012 et étudie pour son génie scientifique doctorat à Harvard, est en charge de la recherche et l'étude de la façon dont les insectes volent à veiller à ce que RoboBees battent des ailes à la même fréquence que celle des abeilles sauvages.

Mais beaucoup de travail reste à faire pour résoudre le problème de puissance. Ces véhicules aériens micro sont entraînés par l'électricité.

"Nous avons pas trouvé batteries qui conviennent RoboBees, parce que la plus petite batterie dans le monde pèse 300 milligrammes, soit environ trois fois le poids de robobee", a déclaré Chen.

"En outre, nous avons encore à comprendre comment mettre des capteurs d'image dans le corps minuscule." L'objectif à court terme est de surmonter les difficultés techniques thèses. "

Mais les consommateurs et les entreprises chinoises sont déjà de s'exciter à l'idée. «De nombreuses entreprises sont intéressés par notre produit. Lorsque la technologie évolue, nous allons certainement promouvoir robobee en Chine", a ajouté Chen.

les utilisateurs commerciaux potentiels sont impatients de les voir libérés dans le marché.

"Les RoboBees sont assez impressionnantes", a déclaré Wang Hailin, directeur du marketing chez Shanxi Ruihua Agricultural Development Co Ltd. «Je suis impatient de leur application commerciale. Mais il est important de parvenir à un équilibre entre le point et la technologie prix."

http://www.china.org.cn/business/2016-07/20/content_38919191.htm

mardi 19 juillet 2016

Attentat à Nice : dans la tête du tueur

Par Frédéric Mas.
le 19 juillet 2016 


Pourquoi les commentateurs se trompent-ils systématiquement quand il s’agit de poser des hypothèses sur les motivations des terroristes ?

Malheureusement, l’attentat de Nice semble susciter le même type de réaction que pour les attentats précédents en France. Alors que l’identité du tueur est révélée à la presse, les journalistes et commentateurs s’empressent de trouver des explications plus ou moins plausibles pour expliquer le geste criminel. Dans la recherche des motivations, tout y passe, de la psychologie dépressive de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel à ses fréquentations douteuses, en passant par la reconstitution de son univers social et économique, sans jamais vraiment prendre au sérieux la motivation religieuse.

La culture de l’excuse ?

En effet, car comme dans le cas des attentats précédant celui de Nice, une partie de l’indignation sur les réseaux sociaux vient du fait que certains commentateurs, dont certains représentants des pouvoirs publics, semblent minorer l’idéologie islamiste comme profond ressort du massacre de masse. Il est tout à fait possible qu’une partie de ces commentateurs cherche à ménager les Musulmans, qui pourraient très bien être désignés collectivement comme des boucs émissaires faciles, alors qu’ils sont tout aussi victimes de cette frange particulière de l’Islamisme. Il est aussi possible que certains autres commentateurs utilisent cet attentat abject pour défendre leurs propres thèses. Ils biaisent ainsi la réalité pour avancer leurs pions et accuser l’Occident, le racisme, l’impérialisme, l’extrême droite, etc.

Seulement, avant de juger des noires motivations des journalistes, des commentateurs, des éditorialistes et même d’une partie de nos concitoyens pris comme un tout homogène, nous pourrions poser une autre hypothèse : une partie de la profession pourrait tout simplement souffrir d’un biais cognitif en défaveur de toute explication de nature religieuse pour expliquer le terrorisme.

Biais cognitif

Notre système de pensée est paresseux, et va au plus facile, ce qui fait que nous avons tendance à préférer les explications du monde qui confirment nos systèmes de croyances plutôt que ceux qui les infirment. Dans un article précédent, je résumais l’explication psychologique proposée par Daniel Kahneman de ce phénomène. Nous utilisons des « heuristiques », c’est-à-dire des formes de raisonnement raccourci qui fournissent une ébauche de réponse à nos questions. Ces heuristiques nous sont utiles car elles nous permettent de décider rapidement, mais elles peuvent aussi nous tromper quand elles sont formulées sous le coup de l’émotion1. Devant une menace, nous ne réfléchissons pas de manière délibérée, nous agissons comme par réflexe conditionné. Même chose après un attentat particulièrement repoussant, il nous arrive de lui associer spontanément les représentations sociales que nous détestons le plus.

La motivation religieuse

Parce que nos commentateurs voient le monde avec les yeux de notre culture occidentale moderne, ils tendent à ne plus voir la religion un comme phénomène politique et social collectif efficace et consistant. Pour Pierre Manent, les raisons de cette incompréhension sont autant politiques qu’idéologiques. Politiquement, l’histoire européenne a conduit à rabattre la religion dans le domaine individuel et privé, et à ne voir que des individus porteurs de droits protégés par des États représentatifs laïques. Idéologiquement, les classes qui se posent comme les plus éclairées voient dans les motivations religieuses un fragment d’histoire que le progrès devrait balayer plus ou moins rapidement : « Que la religion, celle-ci ou une autre, puissent motiver les hommes aujourd’hui, c’est ce qui est inconcevable pour l’Européen éclairé. L’Humanité est irrésistiblement emportée par le mouvement de la modernisation, et l’Humanité moderne, l’Humanité enfin majeure, c’est une Humanité qui est sortie de la religion »2.

Ainsi, les commentateurs, parce qu’ils ne sont pas insensibles à l’air du temps des nations européennes, pensent spontanément dans les catégories modernes pour juger des motivations des tueurs islamistes : puisque la motivation religieuse est devenue opaque et même impensable, il faut la relier à des motivations plus « rationnelles » comme l’argent, le désespoir ou la folie (!) : interroger la motivation proprement religieuse supposerait en effet la remise en cause non seulement des lectures toutes faites que nous nous faisons de l’Islam, mais aussi de notre propre grille d’interprétation du monde.


http://www.contrepoints.org/2016/07/19/260774-attentat-a-nice-tete-tueur

lundi 18 juillet 2016

« 6 raisons d’interdire la culture de plantes génétiquement modifiées dans l’UE » ? Bien plus de raisons de vitupérer les « Verts »


Le groupe des Verts | Alliance Libre Européenne du Parlement européen a commis un article, « 6 raisons d’interdire la culture de plantes génétiquement modifiées dans l’UE » en lien avec la reprise des travaux de la Commission sur les OGM, en particulier sur les demandes d'autorisation de mise en culture des maïs MON 810 (renouvellement), 1507 et Bt 11.

Ils ont donc six raisons d'interdire la culture des OGM dans l'Union européenne (reconnaissons-leur un peu de réalisme puisqu'ils se limitent à l'UE... il faut bien nourrir le bétail et, au-delà, la population européenne...). Les voici :

1 - Les citoyens européens ne veulent pas des OGM

2 - Les biotechnologies privatisent le vivant

3 - La coexistence entre culture OGM et non OGM est impossible

4 - Les OGM augmentent l’usage de pesticides

5 - Leur croisement avec les plantes sauvages crée des “super mauvaises herbes”

6 - Il y a des alternatives !


Des affirmations à l'épreuve des réalités

Sans surprise, la désinformation propagandiste commence dès l'introduction : le maïs MON 810 est taxé de « sinistrement connu » et le TC 1507 est de « Dupont » (en fait, c'est de Pioneer, certes une filiale deDuPont) et il est dit « résistant à la pyrale du maïs et à plusieurs herbicides » (en fait, il est résistant à plusieurs lépidoptères et tolérant à une seule matière active, le glufosinate).

Mais ce ne seraient là que péchés véniels.

Les OGM sont maintenant cultivés depuis 20 ans (22 si ont inclut la tomate Flavr Savr qui fut un échec). En surface cumulée, cela représente 2 milliards d'hectares, un tiers de plus que la surface cultivée mondiale (1,5 milliards d'hectares). En 2015, on a cultivé près de 180 millions d'hectares d'OGM (plus de trois fois la superficie de la France), dont près de 97 millions dans des pays en développement d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. Ils sont quelque 18 millions d'agriculteurs à cultiver des OGM, dont près de 90 % de petits paysans aux ressources limitées.

Le « sinistrement connu » MON 810 a été cultivé sur près de 108.000 hectares en Espagne en 2015, à la satisfaction de la filière agricole et alimentaire, sans que cela ne déclenche une quelconque agitation, hormis dans les milieux technophobes, anti-OGM et anticapitalistes (par euphémisme : altermondialistes).

Il suffit donc de regarder autour de soi pour confronter les arguments aux faits. Il y a aussi toute la littérature scientifique – la vraie, pas celle des militants qui usent et abusent de leur position d'universitaires et de chercheurs, parfois avec des moyens détestables comme ces ignobles photos de rats). Signalons simplement le dernier opus, « Genetically Engineered Crops: Experiences and Prospects » des Académies nationales des sciences, de l'ingénierie et de médecine des États-Unis. Il y a aussi l'appel de 110 lauréats du Prix Nobel.

Le résultat est dévastateur, même si les Verts européens ont pris soin de ne pas aborder frontalement la question de la sécurité dans leur communiqué.


Les citoyens européens ne veulent pas des OGM

Voilà un argument qui ne peut que choquer s'il avait une once de pertinence : une formation politique contribue à l'hystérie collective puis se retourne vers les décideurs politiques (qui ont eux-même contribué à cette hystérie) pour leur intimer de respecter une opinion publique largement manipulée. Les donneurs compulsifs de leçons de démocratie que sont les Verts s'adonnent ici au plus vil des populismes et à la plus infecte des démagogies. On est dans le même registre que les pyromanes de l'euroscepticisme et de l'europhobie qui ont si bien réussi avec le Brexit – pour ne rester que dans les comparaisons récentes.

Les Verts européens se réfèrent à un Eurobaromètre fondé sur des données de... 2010. On a du mal à y trouver de quoi conforter :

« 54% des citoyens européens estiment que les OGM ne sont pas bons pour eux et pour leur famille. Ceci devrait suffire pour interdire les OGM dans l’UE, tant aux champs que dans les assiettes. »

L'instrumentalisation des enfants est là, en filigrane.

« 6 raisons d’interdire la culture de plantes génétiquement modifiées dans l’UE » ? Bien plus de raisons de vitupérer les « Verts »
Comme le montre le graphique ci-dessous, le niveau de connaissances sur les OGM est particulièrement bas. Qu'ont-ils trouvé de pertinent et d'objectif les 46 % de sondés qui ont parlé des OGM et ont occasionnellement cherché des informations ?

L'argument des Verts se résume donc à une injonction de fonder une politique publique sur l'ignorance publique.

« 6 raisons d’interdire la culture de plantes génétiquement modifiées dans l’UE » ? Bien plus de raisons de vitupérer les « Verts »
Le tableau suivant montre aussi que les avis positifs sur l'alimentation GM ont beaucoup varié dans le temps dans certains pays (avec une tendance générale à la baisse). Qu'en conclure, sinon que l'opinion n'est pas cristallisée et est sous influence ?

 Ci-dessous: % de répondants qui sont d'accord ou totalement d'accord que les aliments OGM qui devraient être encouragés
« 6 raisons d’interdire la culture de plantes génétiquement modifiées dans l’UE » ? Bien plus de raisons de vitupérer les « Verts »
Les gouvernants n'ont pas été en reste !


!
« Nous ne souhaitons pas la culture du maïs Monsanto 810 sur le territoire français. Et je voudrais que cette décision fasse l'objet d'un consensus. La recherche, c'est essentiel pour l'agriculture française. Mais nous n'avons pas le droit de faire prendre des risques aux agriculteurs et aux consommateurs. »

Nicolas Sarkozy, 29 novembre 2011, Gimont,(Gers)

« Pourquoi nous avons fait le moratoire sur les OGM? Non pas parce que nous refusons le progrès, mais au nom du progrès. Nous ne pouvons pas accepter qu'un produit, un maïs, puisse avoir des conséquences défavorables sur les autres productions. »

Et aussi :

« Les premières victimes ce sont les apiculteurs. » [Il faut préserver] « l'apiculture avec tout ce qu'elle a comme retombées bénéfiques pour l'ensemble de l'activité humaine ».

François Hollande, 2 août 2013, Dordogne

« Quelle que soit la décision, la ligne du gouvernement sera la même: nous ne sommes pas favorables aux OGM, notamment au Mon810 qui est un maïs résistant aux herbicides. »

Stéphane Le Foll, 2 août 2013



Quoi qu'il en soit, si on avait pris l'argument des Verts pour ligne de conduite, nous ne bénéficierions pas de nombreuses avancées sociétales que nous devons à des hommes politiques courageux et lucides, de droite comme de gauche. Et la Terre serait toujours plate.

Les propagandistes concluent :

« C’est le rôle de l’UE de protéger l’environnement et la santé de ses citoyens; la Commission et les Etats Membres devraient s’en souvenir au moment des débats. »

Superbe non sequitur !Il n'y a aucune allégation de menace pour la santé et l'environnement dans cette partie du discours... Et belle contribution à l'euroscepticisme et l'europhobie, ainsi qu'aux discours des extrêmes. Avec de tels alliés objectifs, le Front National n'a pas besoin de faire campagne.


Les biotechnologies privatisent le vivant

Le discours ne varie pas d'un pouce depuis deux décennies... l'incantation !

Admirez la logique :

« La transgénèse et la plupart des biotechnologies modernes permettent de déposer des brevets sur les variétés végétales. Cela signifie que les OGM cultivés dans nos champs, leurs semences et les produits alimentaires ou destinés au bétail qui en proviennent sont couverts par des brevets appartenant aux géants de l’agro-industrie tels que Monsanto, Syngenta ou Dupont. »

La première phrase est fausse, s'agissant de l'Europe et quasiment du reste du monde, hors États-Unis d'Amérique : les variétés végétales y sont exclues de la brevetabilité. S'agissant des États-Unis, cela fait belle lurette qu'on peut y déposer et obtenir des brevets sur des variétés végétales en tant que telles, GM ou pas (ex parte Hibberd, 18 septembre 1985). Les brevets n'appartiennent pas tous aux géants de l'agro-industrie, et le fait qu'il y ait un brevet (ou plusieurs) ne change pas grand chose à la situation juridique et économique des semences, etc. par rapport à la propriété intellectuelle « classique » en Europe (aux certificats d'obtention végétale).

Il est du reste « plaisant » de lire « les OGM cultivés dans nos champs » : il n'y en a pas ! Comme il y en a en Espagne, on peut poser une question simple : quelle est la différence entre l'Espagne et, par exemple, la France pour les agriculteurs et l'industrie agroalimentaire ? Aucune !

« Ceci permet le brevetage du vivant et la monopolisation de la nature par une poignée de compagnies agrochimiques, mais aussi l’accaparement de l’alimentation par des intérêts privés, une tendance qui met en danger la souveraineté alimentaire. »

Vingt ans d'OGM... Où sont la monopolisation, l'accaparement, la mise en danger de la souveraineté alimentaire dans les pays qui cultivent des OGM ?

Vingt ans d'OGM ? Les premiers brevets sont déjà arrivés à échéance. Et le paradoxe – pour des idéologues qui font fi des réalités sociétales et économiques – est que Monsanto s'est engagé à assurer le suivi réglementaire de son premier soja HT jusqu'en 2021, permettant ainsi aux agriculteurs de continuer à l'utiliser.

« Ces brevets sont chers, ce qui augmente autant les prix que la concentration d’entreprises dans une filière qui l’est déjà trop. »

Là aussi, on tombe des nues ! En 2015, le soja transgénique représentait 83 % des surfaces dans le monde... et il est moins cher que le soja non OGM (qu'on ne peut plus, décemment, appeler « conventionnel »)... Cherchez l'erreur !

http://www.isaaa.org/resources/publications/pocketk/16/default.asp
http://www.isaaa.org/resources/publications/pocketk/16/default.asp
En résumé, pour les Verts, il faut interdire la culture des OGM en Europe parce que les Verts n'aiment pas les brevets et sont foncièrement anticapitalistes.


La coexistence entre culture OGM et non OGM est impossible

Soyons clairs : si l'argument repose sur le principe que pour être qualifié de « non OGM », aucune des quelque 100.000 plantes d'un hectare de maïs ne doit avoir été fécondée, pour un seul grain de maïs finalement récolté, par un grain de pollen divagateur, alors, oui, la coexistence est impossible.

Mais ce principe n'a pas cours légal en Europe : l'étiquetage « OGM » n'est obligatoire qu'en cas de présence volontaire d'ingrédients GM, ou issus de produits GM bien que ne comprenant plus le caractère GM, ou au-delà de 0,9 % lorsque la présence est fortuite et techniquement inévitable.


Le monde agricole nous démontre depuis des décennies que la « cohabitation » – ou la coexistence de filières – est tout à fait possible. Le production de semences exige une protection contre les fécondations par d'autres variétés ; à cet effet, les règles techniques et juridiques établissent des distances d'isolement qui n'ont rien d'extravagant. Le maïs doux ne doit pas être fécondé par un maïs-grain ; il y a des agriculteurs qui produisent les deux sur leur exploitation. Le colza à huile alimentaire et le colza à huile industrielle doivent être – et sont – soigneusement séparés...

« Mais le pollen ne connaît pas de frontières terrestres ! Les résultats du programme scientifique a prouvé en 2009 qu’il est impossible d’éviter les échanges génétiques d’une plante OGM vers des plantes non-OGM de la même espèce cultivée dans la même zone géographique. »

Les Verts nous offrent ici une référence remarquable : M. Yves Bertheau, le démissionnaire du Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies !

La coexistence est impossible ? Il y a toute une filière « sans OGM » ou « nourri sans OGM » en France qui s'approvisionne, par exemple pour le soja, dans des pays où OGM et non-OGM coexistent... Cherchez l'erreur !


Les OGM augmentent l’usage de pesticides

Superbe non sequitur :

« Les trois OGM proposés pour une ré-autorisation produisent tous leur propre insecticide (toxine Bt) contre la pyrale du maïs. Les industriels disent qu’il n’est donc pas nécessaire d’épandre d’insecticide contre ce ravageur, en oubliant de dire que les insectes visés peuvent y devenir résistants avec le temps et que tous les insectes qui mangent ce maïs seront exposés à la toxine Bt produite en continu par la plante, la diffusant en permanence dans l’écosystème. »

La rhétorique est aussi intéressante : « Les industriels disent... » ? Non, c'est un fait.

Ben oui ! « ...les insectes visés peuvent y devenir résistants avec le temps... » C'est le lot de beaucoup de résistances génétiques que d'être contournées par le ravageur-cible. Il se trouve, d'une part, que cela n'est pas encore arrivé pour la pyrale, d'autre part, que des mesures sont prises pour empêcher ou retarder cette résistance (si tant est qu'elle apparaisse un jour), et, enfin, que notre ingéniosité est en mesure de proposer des solutions.

Cet argument, généralisé, revient à préconiser le refus de toute méthode de lutte, génétique ou chimique, contre les ravageurs de nos cultures. Refusons aussi de mettre de nouveaux antiobiotiques en œuvre pour protéger notre santé voire nos vies : un jour une bactérie leur résistera... Back to the trees !

La suite est aussi formidable :

« Les agriculteurs biologiques utilisent la toxine Bt mais pas en permanence dans l’environnement, ce qui évite que les organismes cibles ne développent une résistance. »

C'est tout simplement faux pour la fin de phrase ! Voir par exemple ici. Mais ça fait partie du bréviaire vert.

La tolérance au glufosinate est également un sujet de récrimination. Elle a certes été utilisée comme marqueur pour la transformation génétique, mais on peut imaginer que quelqu'un demande l'homologation du glufosinate sur maïs (si tant est que la culture de ces maïs transgéniques soit un jour autorisée en Europe...). Que se passera-t-il ?

« Deux des OGM concernés ici sont rendus résistants à des herbicides (dont le glufosinate), ce qui veut dire qu’ils sont faits pour être utilisés avec un ou plusieurs de ces produits chimiques. Or il a été prouvé que la culture de plantes résistantes à un ou plusieurs herbicides augmentait globalement l’usage d’herbicides. »


Observez à nouveau la rhétorique : « ... rendus résistants à des herbicides... » quand un seul est en cause.

Ce n'est pas vraiment ce que prouve l'article de Sylvie Bonny, qui s'est intéressé à l'évolution de l'utilisation du glyphosate (et d'autres herbicides une fois que des résistances au glyphosate sont apparues) par suite de la répétition des cultures HT et des épandages de glyphosate sans alternance ni diversité suffisantes. En d'autres termes, l'augmentation de l'utilisation d'herbicides n'est pas une malédiction des OGM HT, mais de leur mésusage ; il n'y a là rien de fondamentalement nouveau par rapport aux cultures non GM.

L'arrivée de plantes tolérant le glufosinate est à cet égard plutôt une bonne nouvelle, puisqu'elles permettent l'alternance des matières actives. Encore une fois, les Verts ont tout faux.

Il y a aussi :

« Autoriser la culture de ces maïs GM dans les champs européens mènerait à plus de produits dangereux dans nos sols, notre air et nos eaux à large échelle et sur le long terme. »

Encore faux ! Si les maïs étaient autorisés, ainsi que le glufosinate sur ces maïs, il y aurait substitution de matières actives.


Leur croisement avec les plantes sauvages crée des “super mauvaises herbes”

On ne sort pas de la grossière gesticulation :

« L’existence de "super mauvaises herbes", créées par le croisement de plantes OGM résistantes à des herbicides et de plantes sauvages de la même famille, a déjà été prouvée. Celles-ci sont rendues résistantes aux herbicides, ce qui nécessite d’utiliser des produits chimiques plus puissants et plus dangereux pour en venir à bout. »

La mouvance alter et anti a fait fortune avec les « superweeds ». Il n'y a rien de plus idiot ! On observera que les Verts ne fournissent aucune référence. Et pour cause !

Il y a actuellement 470 cas uniques (espèce x site d'action) répertoriés de mauvaises herbes résistantes dans le monde, ce pour 250 espèces (145 dicotylédones et 105 monocotylédones). Les résistances touchent 23 des 26 sites d'action connus des herbicides, et 160 herbicides différents. Trois cas de résistance, pour deux espèces, ont été rapportés pour le glufosinate.

Une mauvaise herbe devient résistante ? On gère ! Et quand on change de matière active, ce n'est pas pour prendre des produits « plus puissants et plus dangereux », mais des produits qui viennent à bout de la mauvaise herbe. Et ce sont souvent des produits utilisés précédemment sur les plantes non GM.

Il y a, ainsi, un compliment implicite fait par les Verts – à leur insu – aux OGM tolérant une herbicide comme le glyphosate ou le glufosinate : avec quoi désherbe-t-on les cultures non HT ? Avec ces produits réputés « plus puissants et plus dangereux »...

L'épouvantail téosinte – qui deviendrait une « super mauvaise herbe » si elle acquérait la résistance à la pyrale – est longuement agité. «  C’est un scénario potentiellement catastrophique pour les agriculteurs et pour l’environnement » , écrivent les Verts, répercutant l'argumentaire d'un consortium anti-OGM. Nous en avons fait une brève analyse dans un billet précédent.


Il y a des alternatives !

Ben oui ! Il y a des alternatives... comme le montre le fait que nous cultivons du maïs non GM en France. Mais les alternatives ont un coût agronomique, économique, social, environnemental. Le discours – qui est ici plus classiques dans cette partie dans l'argumentaire Vert – déroule les thèses de l'agroécologie de canapé (et malheureusement aussi des préjugés officiels de certains ministères).

Mais cette partie débute par un appel à l'égoïsme du consommateur tout à fait indigne d'un parti politique qui prétend défendre les grandes valeurs :

« Ces trois plantes OGM n’apportent, fondamentalement, aucun avantage pour les consommateurs: elles ne sont pas plus saines ni moins chères. »

C'est du reste encore faux : la protection contre la pyrale est aussi une contribution à la protection du consommateur contre les mycotoxines ; elle sécurise les rendements là où la pyrale sévit et évite des pertes, ce qui se traduit favorablement sur le revenu des agriculteurs et, au-delà, sur les prix.

Mais il est vrai que les agriculteurs... pour les Verts... ce n'est pas leur électorat...
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http://seppi.over-blog.com/2016/07/6-raisons-d-interdire-la-culture-de-plantes-genetiquement-modifiees-dans-l-ue-bien-plus-de-raisons-de-vituperer-les-verts.html