- ENTREE de SECOURS -



mardi 23 septembre 2014

Les États-Unis veulent à tous prix imposer un changement de régime au Brésil

Jean-Paul Baquiast
23 septembre 2014
The French Saker
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Pour les États-Unis, il est devenu vital d’empêcher que ne se développe au Brésil, ainsi que dans les pays d’Amérique Latine se considérant comme ses alliés, des forces politiques suffisantes pour provoquer une réorganisation stratégique globale, dont Washington serait exclu. On fera rapidement le lien avec le rapprochement entre la Chine et la Russie, exposé en détail dans l’article Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend, que nous venons de publier aujourd’hui-même.
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Dans un précédent article, nous avions indiqué que, derrière la candidature de Marina Silva à la présidence du Brésil lors des élections d’octobre 2014, les États-Unis engageaient toutes leurs forces pour provoquer la chute de l’actuelle présidente Dilma Rousseff et pour ainsi replacer le Brésil sous leur influence directe.
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Dans l’immédiat, il s’agirait d’empêcher que ne se renforce, sous l’influence du Brésil et sans doute aussi de l’Argentine, une zone de libre échange et de coopération dite Unasur (Unión de Naciones Suramericanas) rassemblant les deux unions douanières existantes, la Communauté des Nations andines et le Mercosur (Mercado Común del Sur, comprenant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela avec 5 membres associés, le Chili, la Bolivie, la Colombie, l’Equateur et le Pérou). L’Unasur s’opposerait de fait à l’OAS (Organization of American States), que Washington promeut en vue de rassembler les gouvernements sous son influence.
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A moyen-terme, il s’agit d’affaiblir la constitution du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), en le privant du soutien d’un Brésil redevenu hostile. Nous avons plusieurs fois exposé le rôle essentiel que jouera le BRICS pour contester le Fonds monétaire internationale, la Banque mondiale et à terme le dollar. Le BRICS pourra fonctionner sans le Brésil, mais ce dernier, sous l’action énergique de Dilma Rousseff, serait un acteur majeur, représentatif de tous les pays latino-américains désirant s’émanciper de Washington, de ses interventions politiques et économiques permanentes, ainsi que de l’espionnage électronique permanent, dont Dilma Rousseff se déclare une adversaire résolue.
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Or, dans cette guerre aujourd’hui déclarée contre Dilma Rousseff, Washington met toute ses forces, officielles comme occultes, dans la balance. Il s’agit d’abord de faire élire une Marina Silva soutenue par les milieux brésiliens les plus rétrogrades, notamment les églises évangéliques. Mais il s’agit surtout de provoquer un véritable regime change, dont Washington s’est toujours faite le champion à travers le monde, que ce soit en Amérique latine, en Afrique et maintenant en Eurasie. Pour cela, tous les moyens sont bons, notamment le recours à la CIA et à des organisations ad hoc promues par elle avec force dollars à l’appui.
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Un article de Nil Nikandrov, dans Strategic Culture, donne de ces interventions américaines une description détaillée Marina Silva – élément d’un plan pour déstabiliser le Brésil [3]. Le site comme l’auteur s’efforcent de résister à la propagande incessante des grands médias dits « Occidentaux », mais cela ne retire rien, au contraire à la pertinence de leurs analyses.
 
Les optimistes pensent que le nouveau plan américain échouera, comme d’autres dernièrement à travers le monde. Mais ceci n’est pas sûr, compte tenu de l’enjeu que représentera pour l’Amérique un Brésil redevenu docile.
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samedi 20 septembre 2014

Medvedev: les entreprises européennes ne seront pas en mesure de revenir en Russie

20 Septembre 2014 15:40
 
L'Europe devra acquitter la part des sanctions anti-russes dans le marché russe, dit le Premier ministre Dmitri Medvedevdans un entretien avec l'hôte de "Saturday Nouvelles" Sergey Brilev. Selon lui, les sanctions ne seront pas durer indéfiniment, et tôt ou tard, les parties ne parviennent pas à s'entendre. Toutefois, un créneau que pendant ce temps va prendre les nouveaux fabricants russes et étrangers, les entreprises européennes ne sera pas en mesure de revenir. "C'est à ce prix que l'Europe aura à payer», - a déclaré M. Medvedev.
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Le Premier ministre a rassuré les hommes d'affaires d'Asie et d'Amérique latine qu'ils vont remplacer les fournisseurs européens sur le marché russe. Il a expliqué que la normalisation des relations avec l'Europe, leurs positions ne viennent pas sous la menace. La Russie continuera de s'acquitter de ses obligations en vertu de tous les contrats, a assuré M. Medvedev.
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Dans une interview à Dmitri Medvedev a abordé le sujet de la réduction et de changements dans les structures gouvernementales. Selon lui, il n'est pas à leur sujet. Le premier ministre a souligné qu'en l'absence de besoins de sueur dans certains départements, ils seront supprimés. "Le gouvernement est un organisme vivant, et sa structure peut-être varier en fonction de la tâche," dit-il. Medvedev n'a pas exclu que la Russie peut avoir des ministères régionaux, par exemple, en Sibérie ou l'Oural. Toutefois, le ministère existant de la Crimée, l'Extrême-Orient et le Caucase du Nord doivent d'abord prouver eux-mêmes positivement.
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En outre, le premier ministre a parlé des plans du cabinet de réduire le nombre de fonctionnaires fédéraux dans les régions, les transferts ITAR-TASS. Leurs fonctions seront les donner aux régions, a t-il ajouté. Chef du gouvernement a rappelé que l'expérience que expérimentalement a déjà été testé dans la Crimée et Sébastopol. Selon le premier ministre, le transfert au niveau régional sont soumis à une variété de problèmes de travail de surveillance pour surveiller la situation sanitaire et épidémiologique. Les organismes fédéraux ne sont pas responsables pour le développement global de l'économie de la région, a déclaré le Premier ministre. "Cette contradiction apparente doit être retiré," - a déclaré M. Medvedev.
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Le référendum en Ecosse aurait-il était truqué ?

vendredi 19 septembre 2014
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Le référendum en Ecosse aurait-il était truqué ? Oseraient-ils nier la voix du peuple ? Oui...sans aucun doute. Ils l'ont déjà fait pour les référendums européens et n'hésiteront pas à le refaire. Cette vidéo montre que l'une des personnes en charge du décompte des voix prend des bulletins qui étaient pour l'indépendance et les met dans la pile du Non. Il ne s'agit clairement pas d'une erreur mais d'un acte délibéré vu qu'elle en prend plusieurs d'un coup. La vidéo montre également que les bulletins du NON sur le haut de la pile seraient en fait des OUI. Ce référendum a tout l'air d'être d'une grosse arnaque.
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http://fawkes-news.blogspot.fr/2014/09/le-referendum-en-ecosse-aurait-il-etait.html#more

jeudi 18 septembre 2014

La France emprunte sans difficulté… parce qu’elle n’hésitera pas à ponctionner l’épargne des Français

par Philippe Herlin
15 sept. 2014
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Lundi [1er septembre, ndlr], la France a emprunté à un taux négatif, ce qui veut dire que les investisseurs perdent de l’argent, qu’ils payent pour confier leur argent ! Certes, il s’agit d’emprunts à court terme (3, 6 et 12 mois, pour un montant total de 8,2 milliards d’euros) et à des taux très légèrement en dessous de zéro (de -0,002% à -0,004%). Mais tout de même, cela ne s’était pas produit depuis mai 2013.
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Au même moment, l’Allemagne a également emprunté à des taux négatifs. Cependant, la situation économique des deux pays n’a strictement rien à y voir : l’Allemagne a dégagé un excédent budgétaire sur le premier semestre, alors que la France n’arrive pas à limiter son déficit à 3% du PIB ; le taux de chômage varie quasiment du simple au double de part et d’autre du Rhin ; la balance commerciale allemande a dégagé un excédent de 200 milliards d’euros sur 2013, tandis que celle de la France affichait un déficit de 60 milliards. Et on pourrait continuer cette liste sur des pages entières (rentabilité des entreprises, pourcentage des PME exportatrices, niveau des investissements, qualité de la formation professionnelle, etc.). Comment deux pays aussi dissemblables peuvent-ils emprunter avec la même facilité sur les marchés internationaux ?
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Si, ces deux pays possèdent un point commun : l’euro. Ça aide, surtout la France. Ceci dit, les investisseurs achètent de la dette française, à des conditions comparables à celle de l’Allemagne ; comment expliquer cela ? Des analystes évoquent le "Flight to quality" (fuite vers la qualité) : les abondantes liquidités cherchant à se placer à travers le monde quittent les pays émergents, peu sûrs et dont les devises peuvent décrocher et, dans la zone euro, évitent les pays périphériques. Ne restent plus que l’Allemagne, l’Europe du Nord et la France.
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Cette explication est en partie vraie, mais pas suffisante. Il y en a une autre : les Français épargnent beaucoup, entre 15 et 16% de leurs revenus (contre 10% en moyenne au niveau européen), ce qui se traduit par un pactole de 3.600 milliards d’euros d’épargne financière (livrets, comptes épargne, assurance-vie) logés dans les banques et les sociétés d’assurances. À un journaliste qui lui demandait si la France pouvait faire faillite, un ancien ministre des finances (François Baroin en 2012) avait répondu que la dette de la France est un "investissement sans risque", notamment parce que "la France a un niveau d’épargne élevé". Cet éphémère ministre avait trahi la ligne de conduite du pouvoir, par delà les alternances politiques : l’État n’hésitera pas à puiser dans l’épargne des ménages pour faire face à ses obligations (3.600 milliards d’épargne financière d’un côté, 2.000 milliards de dette publique de l’autre…). Et la qualité universellement reconnue de nos services fiscaux ne laisse aucun doute sur la réalité de cette menace. Voilà qui rassure les investisseurs internationaux. Nettement moins l’épargnant.
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On sait déjà que les banques qui tombent en faillite pourront puiser dans les comptes de leurs clients pour se renflouer, en vertu d’une directive européenne, mais une règle non écrite autorise l’État à faire de même : il faut en être conscient. Et, comme la situation de la France se dégrade inexorablement (les déficits ne se réduisent pas, la croissance est à zéro, le chômage continue d’augmenter), ce scénario risque vraiment de se produire. Face aux grands investisseurs internationaux, pour lesquels il ne faut pas négliger la dimension géopolitique (les fonds de pension US, les fonds souverains du Moyen-Orient, la banque centrale de Chine ; il ne fait pas bon se fâcher avec ces gens-là), l’épargnant français devra se sacrifier pour défendre "les intérêts supérieurs de l’État". On peut déjà imaginer, sur nos écrans de télévision, le ton compatissant, mais ferme, des plus hautes autorités de l’État nous expliquant "qu’il n’y a pas d’autre solution". Plus le temps passe, plus l’économie française s’enfonce dans la récession, et plus ce scénario cauchemar devient probable.
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mercredi 17 septembre 2014

Pourquoi le roi du charbon gardera sa couronne

Soumis par Tyler Durden sur 17/09/2014 11:24 -0400
Soumis par Andrew Topf via OilPrice.com ,
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Pour les militants du changement climatique et ceux qui espèrent un avenir énergétique dominé par les énergies renouvelables ou même moins polluants du gaz naturel, la mort de charbon ne peut pas venir assez vite. Mais avec le charbon reste la forme dominante de l'électricité pas cher dans le monde entier, il est peu probable que le croque-mitaine du changement climatique va disparaître de sitôt .
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C'est parce que le prix du charbon, par rapport à d'autres carburants, est tout simplement trop bon pour refuser. Il suffit de regarder la Chine, où la croissance économique à deux chiffres du pays a été largement alimentée par le charbon, qui satisfait 60 pour cent de son mix énergétique.
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Selon un tableau indiquant le coût moyen actualisé de l'énergie - le prix auquel l'électricité doit être produite à partir d'une source à l'équilibre - le charbon est la deuxième forme la moins chère de l'énergie hydroélectrique derrière, à 40 $ par mégawatt-heure.
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Comparez cela au coût de l'énergie nucléaire à 60 $, le gaz naturel à 70 $, et l'énergie solaire - qui à 280 $ par MWh, est sept fois le coût du charbon. Le charbon est également très abondants, relativement facile à extraire - il est vrai danger si l'exploitation souterraine - et nécessite un traitement minimal. Et il peut être utilisé pour la production d'énergie (charbon thermique) et de l'acier (de charbon métallurgique).
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Bien sûr, les usines de charbon ont exigé un prix énorme sur la qualité de l'air, et le gouvernement chinois - qui a déclaré la guerre à la pollution - récemment interdit l'utilisation du charbon dans le smog de Pékin masqué. La semaine dernière, il a été annoncé que pour la première fois depuis plus d'une décennie, les importations de charbon chinoises et la consommation de charbon toutes les deux ont baissé.
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Bien que cela puisse sembler une fléchette dans le ballon de charbon, a continué l'utilisation de charbon est d'ailleurs plus que compensé la retenue de la Chine.
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Allemagne n'aime pas en parler, mais le chef de file mondial dans l'utilisation des énergies renouvelables, notamment l'énergie solaire, est aussi un grand consommateur de charbon. Comme The Economist a récemment fait remarquer , la production d'énergie à partir du charbon de lignite de l'Allemagne est maintenant à 162 milliards de kilowatts, le plus haut niveau depuis les jours de cheminées crachant de-Allemagne de l'Est.
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Le même article note que le Japon, qui n'a pas de ressources énergétiques naturelles de son propre chef et se démène pour répondre à la demande d'électricité - la plupart de ses réacteurs nucléaires ont été déconnecté depuis la catastrophe de Fukushima 2011 - approuvé un nouveau plan énergétique en Avril qui inclut le charbon en tant que source d'électricité à long terme. Les Japonais ont également investi près de 20 milliards de dollars en projets de charbon à l'étranger au cours des sept dernières années, selon le Natural Resources Defense Council.
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Aux États-Unis, même si un boom de l'offre de shale et de gaz a connu de nombreux utilitaires passent au gaz naturel moins cher, le pays sera toujours génère un tiers de son énergie à partir du charbon d'ici à 2040 (seulement 10 pour cent de moins que maintenant), selon la Administration américaine Energy Information (EIA). C'est en dépit d'un effort concerté de la part de l'administration Obama pour forcer les centrales au charbon du pays à réduire leurs émissions de carbone par un tiers au cours des 15 prochaines années.
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Producteurs de charbon des États-Unis ont réagi à la tendance à la baisse de la consommation intérieure en exportant plus de charbon à l'étranger. A Wall Street Journal graphique montre les exportations de charbon américain a augmenté d'environ 50 millions de tonnes métriques en 2000 à 106.700.000 de tonnes en 2013, plus du charbon américain est destiné à l'Europe, avec le Brésil, la Corée du Sud et la Chine loin derrière.
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Tout cela ne veut pas dire que les producteurs de charbon n'ont pas eu leurs problèmes. Le prix du charbon thermique de référence au cours des trois dernières années a chuté de plus de 130 $ la tonne à environ 80 $. Le charbon métallurgique est également au plus bas en six ans.
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Malgré une énorme réduction de la production, le marché du charbon continue à être saturé. Comme Oilprice.com l'a souligné mines récemment, déclin de la demande d'acier en Chine a forcé en Australie pour fermer. Les producteurs australiens sont également menacés par des plans chinois pour construire une plus grande capacité ferroviaire pour son charbon domestique, qui porterait atteinte à ses importations de charbon.
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Aux États-Unis, les producteurs de charbon ont de plus en plus difficile de bloquer les services publics dans les contrats à long terme qui assurent la stabilité et la protection contre les fluctuations de prix. C'est parce que les services publics veulent la flexibilité d'avoir des contrats à court terme, ou même acheter du charbon sur le marché au comptant, puisque le gaz naturel continue d'être une option concurrentielle.
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Pour l'avenir, cependant, il ne semble pas y avoir une courbe de baisse de la demande pour le charbon. Considérez ceci: en Afrique, quelque 60 pour cent de la population du continent, soit plus de 600 millions de personnes, n'ont pas accès à l'électricité. L'EIA prévoit la consommation de charbon d'Afrique augmentera de 70 pour cent en 2040 En Inde, un autre grand consommateur de charbon, 300 millions de personnes restent déconnectées de la grille de l'électricité. Le pays prévoit d'augmenter son utilisation des énergies renouvelables de 15 pour cent d'ici 2020, mais toujours confrontée au défi de la demande d'énergie supérieure à l'offre de 10 pour cent.
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Le charbon est un concurrent susceptible de combler cette lacune. Un récent article dans le secteur minier australien déclare que d'ici 2025, la production d'électricité de l'Inde à partir du charbon sera réduit de 60 pour cent à "seulement 50 pour cent de production installée - mais cela ne signifie pas nécessairement moins de charbon génération ».
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En fin de compte, tout se résume à la politique des prix et du gouvernement. Si l'économie de charbon peuvent être battus par d'autres sources d'électricité, le carburant de la vieille école devra faire face à la pression, comme il l'a déjà aux Etats-Unis mais que les forces du marché continuent à conduire les différentes options disponibles pour les services publics, l'utilisation du charbon - en particulier dans le développement nations - est presque certain de monter. moins que les gouvernements adoptent des lois à l'américaine de réduire considérablement les émissions des centrales électriques au charbon, attendez-roi du charbon de conserver sa couronne.
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lundi 15 septembre 2014

L'auto-blocus décidé par la Russie

Auran Derien
Metamag
sam., 13 sept. 2014 05:47 CEST
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Il est probable que les membres de la Commission Européenne ont oublié de lire François Crouzet (De la supériorité de l'Angleterre sur la France, Perrin, 1985)) avant de s'aligner sur les positions américaines dans l'affaire ukrainienne. Les conséquences des guerres du premier Empire sont pourtant intéressantes pour comprendre ce qui va se passer en Russie en lui appliquant des sanctions qui n'ont, dans la plupart des cas, jamais été dissuasives.
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Petit rappel historique
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François Crouzet a montré clairement que le blocus était une politique très fructueuse. D'abord, l'économie européenne du XVIIIème siècle était en bonne partie tournée vers l'extérieur. Lorsque, à la fin de 1807, les pays du continent furent soumis par les britanniques à un blocus maritime rigoureux, cela entraîna un déclin accéléré de quelques industries, comme les toiles, mais la dislocation introduite par la mesure aura finalement des effets positifs à long terme sur le développement de l'industrie continentale. Puis Crouzet établit les avantages de l'auto-blocus imposé par Napoléon, mesure que la Russie reprend face aux Européens.
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L'auto-blocus est en pratique un système protectionniste qui a pour effet de favoriser la croissance des activités les plus menacées par la concurrence étrangère. Au début de XIX ème, l'exemple paradigmatique fut le coton. Il y a un lien incontestable, explique Crouzet, entre la prohibition des marchandises anglaises et le boom de la filature mécanique du coton qui commença en 1806. L'auto-blocus sauva aussi l'industrie du coton de la Suisse tout comme celle de la Saxe.
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Vers 1800, la suprématie de l'Angleterre pastoralisait les pays situés dans son orbite. L'Europe était menacée par le sort de l'Inde. A laisser faire le dominant, personne ne pouvait entrer en concurrence. Il en est exactement de même aujourd'hui où la finance anglo-saxonne pastoralise les pays, zones et continents. Avec l'auto-blocus russe, c'est une aide imprévue qui surgit en faveur des nouvelles élites de ce pays.
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Vers un effondrement de l'Europe
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Le blocus anglais de 1807 avait touché les activités portuaires. Aujourd'hui, le blocus européen va réduire la voilure de certaines entreprises russes, par exemple le groupe Rosnef (pétrole) supprime un millier de postes de cadres. Mais le désastre s'abat sur le continent. Le Finlandais Valio commence à diminuer son personnel ; les Espagnols ont signalé que toutes les exportations directes de viandes et de fruits et légumes en particulier affectaient les provinces d'Almería, Murcia, Valencia et Cordoba. Non seulement les ventes directes chutent mais aussi celles destinées à d'autres pays européens qui les transforment en d'autres produits avant de les exporter en Russie. L'embargo d'un an sur les produits alimentaires occidentaux causera aussi un préjudice de centaines de millions d'euros aux fermiers français producteurs de porc et de fromage. Quand au Comité oriental de l'économie allemande (Ost-Ausschuss der Deutschen Wirtschaft - OADW) son service de presse a déclaré que « d'ici la fin de l'année, les exportations vers la Russie pourraient chuter de 20% à 25%. Cela affecterait près de 50.000 emplois en Allemagne ».
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Le premier ministre anglais, a déclaré qu'il convenait d'exclure la Russie du système de paiement Swift. S'il est clair que les perturbations immédiates sont importantes pour la Russie, car elle devrait vendre sans être payée, par exemple pour le gaz qu'elle fournit à l'Europe, il n'est pas douteux que la Russie, comme le fit l'Allemagne après que divers milieux financiers lui eurent déclaré la guerre en 1933, créera d'autres circuits avec d'autres partenaires. Le lien Chine-Russie se renforce. Les deux pays ont créé une commission intergouvernementale pour la coopération d'investissement qui a déjà plus de 30 projets à l'étude. Et la liste des pays qui souhaitent coopérer avec la Russie ne cesse de s'allonger: la Turquie et l'Amérique du Sud, où Poutine est allé rencontrer les principaux dirigeants, mais aussi le Maroc puisque le Roi doit se rendre en Russie à l'automne, sans oublier l'Etat d'Israël.
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Des janissaires placés à la direction de l'Europe
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La géographie économique de l'Europe se trouve à un tournant: elle va se transformer durablement. Des zones industrielles vont décliner, mais par contre en Russie une activité agricole et industrielle va démarrer car l'auto-blocus russe aura un effet positif sur son industrie. Le temps des bolchéviques et de la planification totale a passé. Depuis 1990, une nouvelle élite monte. Une partie de ses membres potentiels pliait sous la tyrannie installée à l'époque de Boris Eltsine entre 1991 et 1999. Poutine a bloqué le processus de pillage. Cette mesure protectionniste permettra le remplacement de beaucoup d'importations par des produits russes, en même temps que, pour les activités difficiles à créer en Russie, de nouveaux circuits d'échange apparaîtront, notamment avec les BRICS et divers pays d'Amérique latine. L'Europe est condamnée. La technologie chinoise ne laissera aucune chance de rattrapage dans les années à venir. La chute peut être définitive.
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L'effondrement européen
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Il est difficile de pronostiquer les délais nécessaires au redéploiement Russe. Il est par contre facile d'observer l'effondrement européen. Tout s'écroule à un rythme croissant, sous les regards vides des membres de la Commission européenne. A la question de savoir pourquoi les membres de la Commission sont si ignobles, Paul Craig Roberts a donné la réponse, très banale : « Lors de mon doctorat, mon directeur de thèse, qui est devenu un haut fonctionnaire du Pentagone assigné à la tâche de mettre un terme à la guerre du Vietnam, en réponse à ma question sur la façon dont Washington a toujours réussi à imposer aux Européens ce que Washington voulait m'a répondu : «l'argent, nous leur donnons de l'argent». «L'aide étrangère» ai-je demandé ? «Non, nous donnons aux dirigeants politiques européens des valises pleines d'argent ("bag fulls of money")". Ils sont à vendre, nous les avons achetés. Et ils viennent rapporter».
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dimanche 14 septembre 2014

Décapités !

Même les magasins de vêtements suivent la mode !

Désormais, la Russie limite aussi ses livraisons de gaz à l'Autriche

par Audrey Duperron
14 sept. 2014
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Après la Pologne, c’est l'Autriche et la Slovaquie qui ont rapporté avoir constaté des baisses de volumes des livraisons de gaz en provenance de la Russie. La semaine dernière, le monopole gazier polonais PGNiG avait indiqué que la compagnie russe Gazprom avait réduit de 20% les flux de gaz qu’elle lui a livrés le lundi, puis de 24% le mardi. En Autriche, l‘opérateur de l’énergie E-Control affirme que la fourniture de gaz a été réduite de 15% le 11 septembre ; en Slovaquie, les livraisons de gaz auraient aussi été réduites de 10%. Cependant, le fournisseur de gaz russe, Gazprom, n’a pas confirmé ces réductions, et on ne sait donc pas si elles sont motivées par des raisons techniques ou politiques.
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Selon Bernhard Painz d’E-Control, il se pourrait que la Russie soit en train de remplir ses propres réserves de gaz, ce qui signifie qu'il y a moins de gaz disponible pour l'exportation. En outre, le fournisseur d'énergie autrichienne OMV a indiqué que ses partenaires russes leur avait fait part de leur intention de réduire le débit de gaz fourni.
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Selon certains hommes politiques autrichiens et polonais, cependant, les motivations de Gazprom seraient politiques. Selon eux, le président russe Poutine a utilisé les livraisons de gaz vers les pays d'Europe centrale et orientale comme un moyen de pression. En particulier, les exportations de gaz russe à l'Ukraine ont été suspendues depuis le mois de juin en en raison du conflit régional avec les séparatistes pro-russes dans l'est du pays et d'une série de factures impayées.
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Pour compenser le gaz qu’elle ne reçoit plus de la Russie, l’Ukraine a cherché à se fournir auprès de l’UE, et notamment au moyen de flux inversés, autrement dit, en se faisant livrer du gaz russe réexporté par la Pologne, la Hongrie ou la Slovaquie. La compagnie de gaz russe Gazprom s’est déjà plainte de ces réexportations, qu’elle qualifie de « mécanisme semi-frauduleux », et la Russie avait déjà menacé de réduire les volumes de gaz fournis aux pays européens et de limiter les livraisons à leur consommation domestique pour les empêcher de réexporter le reliquat vers l’Ukraine.
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Les Polonais ont d’ailleurs suspendu ces flux inversés vers l’Ukraine dès qu’ils ont constaté qu’ils recevaient moins de gaz que d’habitude.
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La Commission Européenne a invité les ministres de l’énergie russe et ukrainien à Berlin pour qu’ils puissent dialoguer ensemble et régler ce différend la semaine prochaine à Berlin. Mais la Russie n'a pas encore accepté de participer à ces négociations.
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Les analystes de Bank of America, Merrill Lynch et PricewaterhouseCoopers estiment que la Russie tente d'utiliser le gaz comme un atout dans les négociations avec l’Ukraine et l’UE. En outre, la Russie chercherait aussi à rappeler aux petits pays d'Europe orientale qui se trouvaient dans sa sphère d’influence au cours du siècle passé qu’elle peut encore poser une grave menace pour leur économie.
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Krzysztof Bobinski, un analyste politique basé à Varsovie a expliqué à l’AFP que les Russes utilisent ces baisses de livraisons à titre d’avertissement vis-à-vis de l’UE :
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Grosso modo, ils disent : "Il fait toujours bon, l’hiver n’est pas encore sur nous, mais n’oubliez pas que nous avons cette arme."
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